Du pain sur la table
La mort de Malvina a été dévastatrice pour Jakob Smits. Il a perdu son grand amour, son soutien et son confident. Se retrouvant seul avec trois jeunes enfants et pratiquement sans argent pour subvenir aux besoins de sa famille, il y avait un besoin urgent de mettre du pain sur la table. Jakob réalise ses premières gravures à l'eau-forte, mais il faudra attendre des années avant que sa carrière graphique ne décolle.
Un troisième mariage
En 1900, Jakob Smits rencontre à Anvers la bien plus jeune Josine Van Cauteren. Il lui propose bientôt de l'épouser. Elle accepte, malgré les objections de sa famille. Épouser un artiste pauvre de 45 ans avec trois jeunes enfants, vivant dans un trou perdu de la Campine, n'était pas une tâche facile pour une Anversoise énergique de 24 ans.
Josine s'occupe des enfants de Jakob et gère ses intérêts commerciaux. Leur situation financière s'améliore pendant cette période.
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Vol
En 1903, le désastre frappe à nouveau. Ses parents avaient été ruinés par le vol. Il les accueillit chez lui. La mère de Smits souffrait de troubles mentaux et ne vivrait plus très longtemps. Son père, qui sera partiellement paralysé par un accident vasculaire cérébral trois ans plus tard, vécut au Malvinahof pendant encore 17 ans. À cette époque, Jacob devait subvenir aux besoins de dix personnes grâce à sa peinture. Il n'est pas surprenant qu'il se soucie souvent de l'argent.
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Reconnaissance artistique
En 1901, Jakob Smits a eu sa première exposition individuelle à Anvers. Il a reçu de nombreux éloges de la part des critiques et de ses collègues, mais n'a pratiquement rien vendu. Plus tard dans l'année, le Musée de Bruxelles acheta Le Père du condamné pour pas moins de 6 000 francs. Au cours des années suivantes, Jakob participa à diverses expositions en Allemagne et ailleurs à l'étranger.
En 1905, Jakob devint membre de Kunst van Heden, une association qui avait pour mission de promouvoir l'art belge contemporain à Anvers par des conférences, des publications, des expositions et des dons aux musées. Il y exposa avec, entre autres, Rik Wouters et (à titre posthume) Vincent Van Gogh.
Sa situation financière améliorée lui permit enfin de monter un studio décent. À côté de l'ancienne grange où il avait travaillé pendant des années dans des conditions primitives, il fit construire en 1907 un nouveau bâtiment doté de grandes fenêtres et de lucarnes. Ce dernier devint un véritable laboratoire de lumière où il put approfondir davantage son étude de la lumière.
Jakob Smits réalisa également d'autres gravures à l'eau-forte au cours de cette période. En 1910, un luxueux recueil de gravures contenant 25 de ses eaux-fortes fut publié. Il dédia cette collection de gravures à la reine Élisabeth, qui avait un vif intérêt pour l'art et la culture.
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Exposition internationale d'art à Mol
En 1907, à la demande du conseil municipal de Mol, Smits organisa une exposition d'art internationale. Les œuvres de 68 artistes ayant travaillé dans la région de Mol y furent présentées.
Outre un groupe de peintres hollandais, il y avait également des artistes allemands, anglais et américains venus de l'étranger. Ils avaient peint en extérieur ou en intérieur à Mol et dans ses environs.
L’exposition avait une allure grandiose, attirant des milliers de visiteurs.
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